31 janvier 2008
Le fils de l'épicier, un film d'Eric Guirado.
C'est comme un rêve : s'extraire de la vie urbaine, de la morosité ambiante (et ce n'est pas qu'une question de pouvoir d'achat), pour aller vivre dans le sud de la France, une vie simple et proche des gens, tous intéressants à rencontrer et à connaître.
Donc c'est comme un rêve : les gens sont tous dignes d'intérêt, tous potentiellement attachants. Pas de méritocratie en matière de droit à l'écoute, de droit aux relations, voire à la sympathie.
C'est comme un rêve vous disais-je : le jeu des relations humaines, la beauté des paysages, suffiraient pour vivre bien.
C'est comme un rêve...
De retour dans le monde qu'on dit réel, reste un parfum de tristesse, celui "...que même sans regret et sans déboire laisse / la cueillaison d'un rêve au coeur qui l'a cueilli" (Apparition, Stéphane Mallarmé)...
29 janvier 2008
Ballet Preljocaj, les 4 saisons. 19 janvier 2008, Rennes.
Des filles, des garçons. Qui se sourient, se regardent, se frôlent, s'enlacent. Qui jouent, comme jouent les enfants, à l'amour, à la séduction.
Légèreté du ton, pas de leçon de morale ici, ni de traité de sociologie. Du jeu, rien que du jeu. C'est récréatif et jouissif. Des garçons, des filles. Qui glissent de l'un à l'autre, sans distinction de genre, sans distinction de nombre. Solo, duo, trio ou grand jeu collectif. Au féminin, au masculin, au pluriel. Tout est possible dans le jeu...
A la sortie, tout sourire. Et je me mets à rêver d'une société qui nous laisse un peu plus jouer. Jouer à l'amour et à la séduction, jouer aux relations humaines. Et glisser des uns aux autres, sans distinction de genre, sans distinction de nombre, de race, de religion... sans distinction aucune.
19 janvier 2008
Ce soir
Le ciel, ce soir
est une pomme nue
la lune à mon chevet me berce d’insomnie
et la ville, fardée
aux longs bas de bitume,
se balance, doucement, comme un océan saoul.
Le ciel, ce soir
est une pomme brune
combien de soirs depuis l’autre ciel
combien de matins ployant sous le joug des jours
qui dévêtent toujours la ville aux cernes gris
combien de nuits d’insomnie, étales
cachant sous le khôl l’absence des étoiles
combien de jours chavirés par-dessus bord ?
Je ne sais,
Je m’en fiche !
Mon corps est âcre et crisse comme ce ciel et ce soir mal mûris.
17 janvier 2008
La nuit
La nuit a glissé sur la ville.
Tout doucement, sans faire de bruit.
Elle l’a enveloppée d’un halo doré, moelleux comme un baiser.
Elle a allumé les réverbères, les lampadaires, les néons, les enseignes, les vitrines.
Elle a lustré les avenues, les boulevards.
Elle a mis du velours dans les yeux de ceux qui déambulent entre ses bras immenses,
Et elle les a enivrés, simplement enivrés.
La nuit a glissé sur la ville
Tout doucement, sans faire de bruit.
Elle lui a soufflé un air de fête, mezzo voce,
Clarinette et bandonéon,
Et l’a fait rire, dans les théâtres et les cafés.
Elle a versé des bulles dans les yeux des joyeux noctambules qui dansent entre ses bras immenses.
Et elle les a embobinés, complètement embobinés.
La nuit a glissé sur la ville,
Bas de velours et des lumières à chaque doigt.
Mais moi, je me suis mise à trembler sous la lune couchée.
La nuit s’est mise à chalouper dans les rues de la ville, fourreau de soie et catogan de ténèbres.
Mais moi, je me suis mise à gémir sous les étoiles mouchées.
La nuit s’est mise à courir, à sauter, à danser sur les murs de la ville, pattes de chat, gestes de pantomime, dentelles sous la fourrure brillantinée.
Mais moi je me suis mise à hurler sous le ciel trop obscur.
La nuit s’est approchée, museau poudré, rire humide, voix d’outre-rêve, claire pourtant, les yeux pailletés d’un brin de cruauté.
Et moi, je me suis retirée, loin, au-dedans de moi-même.
Elle a tendu vers moi ses griffes de lumière, a touché mon cœur qui palpitait encore, a déchiré d’un coup mon costume de monstre. Et puis elle est partie.
Elle a repris sa route, bas de résilles et gants de soie, les dentelles défaites, le sourire enjôleur, la belle, montrant ses épaules d’aurore.
04 janvier 2008
intro
i-syrene : nageuse des mers virtuelles ; i zazavavindrano : la jeune fille des eaux, virtuelle...
Lorsque j'étais petite, à Tananarive, on disait que les puits, les lacs, les cours d'eau étaient peuplés de ces jeunes filles des eaux, jeunes filles aux longs cheveux noirs, aux appétits humains, à la séduction dangereuse.
Aujourd'hui je suis grande :-) et j'habite Rennes. J'ai gardé de cette enfance... mon prénom : loharano-mamy, autre cours d'eau malgache, peuplé de zazavavindrano oniriques, mais on dit virtuelles aujourd'hui ! Voilà donc ces i-zazavavindrano, ces i-syrenes qui m'habitent en ces années 2000.
loharano-mamy