06 mars 2008

Pour Lura

Il est des chansons...

Avez-vous entendu
la chanson mélodieuse que chanta
par un soir
nulle voix harmonieuse d'aucun pays
et qui berça jusqu'à l'aube
l'homme-aux-rêves-d'argent
penché sur le fleuve sans nom ?

Flavien Ranaivo, L'ombre et le vent

Oui, je l'ai entendue, la chanson mélodieuse, ici et là, et là-bas.
J'ai bien-sûr cru qu'elle était de sirène.
J'ai aussi cru qu'elle n'était que le vent. Le vent qui souffle et éteint la flamme, le vent qui souffle et rallume les braises.
J'ai encore cru qu'elle était souvenir, berceuse chantée par une femme aimante, autrefois, où ? quand ? qui ?
Donc, je l'ai entendue. Penchée sur la Seine, penchée sur le fleuve sans nom... penchée. Regardant les longs rubans de lumière danser dans l'eau.

Fallait-il vivre le poème ?

Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai par les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds
Je laisserai le vent baigner ma tête nue

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien
Mais l'amour infini me montera dans l'âme
et j'irai loin, très loin, comme un bohémien
Par la nature, heureux, comme avec une femme.

Arthur Rimbaud

Posté par isyrene à 11:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Pour Lura

    danse!

    A ma droite. Elle marche à ma droite. Tout près.
    Un mince filet de jour se laisse percevoir entre
    nos deux silhouettes.
    A ma droite, elle me
    frôle
    Elle m’effleure.

    Mon bras pourtant – mon bras à ma droite- celui là donc, sur une ligne qui s’allonge de l’extrémité supérieure de mon épaule à mon poignet, le long d’un fil ténu mais tellement sensible, reçoit son poids, généreusement offert à ma peau. Elle s’appuie doucement, avec timidité –elle dépose avec timidité- un peu d’elle.
    Nous dansons côte à côté, toutes ces fois –un court instant en fait- où nous marchons du même pas sur ces pavés gris. Sereines et apaisées d’être, en ces moments, juste ensembles. Simplement,
    au son du vent, des ailes des pigeons qui claquent et des pétales qui volent devant nous.
    Porter, danser, tourner, déambuler. Improviser un mouvement qui, l’espace d’un instant –un instant- nous fait transgresser les lois de la pesanteur.

    A ma droite s’ouvre un monde lorsque, par les rues pavées et luisantes d’une fine pluie, nous marchons sans parler,
    réceptacle inespéré de son être tout entier-
    mince fil d’or brodé à même la chaire.



    L’air est frais. Une sirène me fait signe depuis la mer de nuages lourds et gris de cette ville, je la regarde avec avidité. Les phares de la nuit s’allument tour à tour.
    Rouge, vert, jaune. Le vent dans les ruelles s’engouffre. Il souffle et fait se balancer doucement les fleurs à peine écloses des cerisiers. Leurs pétales dansent devant nous alors qu’à ma droite, l’odeur du ciel spongieux s’efface pour m’offrir, au détour d’une rue, son regard noir, son regard noir et scintillant de mille lumières,
    source d’eau douce, source de vie, l’eau fraîche –l’eau fraîche comme la menthe et la coriandre, légère et savoureuse comme une pêche gorgée de soleil et dont le jus coule le long du menton en plein été.

    Posté par lura, 09 mars 2008 à 17:58 | | Répondre
  • Fantômes

    Sur les pavés, sous la puie, la nuit, à la lueur blafarde des réverbères... ils viennent de là, les fantômes croisés dans mes marches solitaires ? Fantômes allant bras dessus, bras dessous, par deux. Deux amies, deux amantes, deux soeurs, ou tout à la fois, tristes, oh si tristes. Ombres trop légères dans le froid et la pluie, ombres qui marchent et dansent dans la ville, la nuit. La nuit...

    Posté par denizkizi, 11 septembre 2008 à 17:15 | | Répondre
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