15 mars 2008

ary ny masoandro ho an i rehetra

J'allais sur le port regarder les ferries s'en aller. Illuminés. C'est fou comme c'est beau les ferries qui s'en vont, dans le soir bleu et grec... et je restais au port, ils levaient l'ancre, et c'était moi le quai, le quai de pierre qui ne bougerait pas.
Plus tard, j'allais dans les gares, sentir l'odeur des départs vers ailleurs, loin, loin. Voir partir les autres et rester le coeur suspendu sous les halles de verre, ballottant comme une baudruche accrochée à une poutre de fer, bientôt dégonflée...
J'allais, "les poings dans mes poches crevées"...
marcher, marcher, puisque marcher ne coûte rien...
marcher, ici, ailleurs, plus loin encore, sous la lumière des réverbères, phares de mes mers de bitume...
ou marcher dans le parfum des oliviers, et celui des orangers, et du jasmin aussi, du chèvrefeuille, et de la sauge, et puis du thym... sur des collines qui moutonnaient, vagues de terre aride, et toujours d'un sommet sur l'horizon : la mer, θάλασσα, la mer ! au petit matin la mer, au jour ébloui la mer, au soir si bleu la mer...
et dans les jours qui se levaient, sur Iraklio endormi, le soleil était pour moi...
le soleil était pour le monde...

Posté par isyrene à 11:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur ary ny masoandro ho an i rehetra

    le jour d'après...

    L'ombre qui protégeait à moitié la devanture du panificcio du vieux boulanger aux jambes arquées s'en est allée;plus à droite, pour ne bénir de sa fraîcheur que notre banc.
    Nos deux tasses de café finies depuis bien longtemps, je regarde les passants et me mèle aux commerçants qui s'offrent une pause en terrace. Leur bal incessant, régulier et rassurant, calme et apaisant.
    Silencieux, ils s'assoient doucement après nous avoir saluées et regardent eux aussi les passants. Les cigarettes se consument, les verres se vident, les chaises se libèrent de nouveau pour laisser place au boucher, au serveur du café voisin, à l'épicier.
    Pendant ce temps béni et lent, les vacanciers s'entassent en flux continu sur l'unique banc de sable gris et poussiéreux du village de Levanto. Rougis, la peau meurtrie et la tête vide de cette obsession maladive d'acquisition en soi et pour soi, ils semblent errer. Le visage insensible, sans expression à la fin de la journée, ils remontent de la plage pour se dédier à leur plus grande occupation - la consommation- ils achètent, prennent sans arrêt les mêmes photos, tous munis du même modèle d'appreil digital. Ils prennent des photos comme ils achètent: frénétiquement, sans regarder, pour AVOIR, et surtout pour les montrer en rentrant.
    En rentrant.. Quelle gloire de déballer enfin ses achats et ses photos sur l'ordinateur au cours d'un dîner de convention.

    Il est 18h. Les enfants du village passent à toute allure en vélo dans les rues escarpées pour rejoindre la jetée. Ils sautent, pleins de cette fougue et de cette énergie juvénile naïve, heureux de la douceur du soleil sur leur peau et de la fraîcheur de l'océan. Leurs cris couvrent bientôt les aboiements des chiens du port, jaloux de leurs jeux.
    Bientôt, les pêcheurs arriveront.

    Posté par lura, 24 mars 2008 à 22:35 | | Répondre
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