i-syrene

i zazavavindrano

12 mai 2008

The end

Ici se termine ce blog.
FIN.

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07 mai 2008

La belle aux longs cheveux

Que ce soit Imaitsoanala ou Ranoro, les belles des contes malgaches ont de longs cheveux. De longs cheveux que j'imagine reflets parfaits de leur habitat d'origine. Imaitsoanala a des cheveux de jungle, Ranoro de fonds marins. Cheveux fantasmés aux sortilèges innombrables, rappels de l'obscurité des sous-bois, rappel du silence de la mer.

La belle aux longs cheveux donc, celle-ci, n'épousa pas un roitelet malgache. Elle épousa un coopérant. Grand, blanc, venu de loin. Reparti au loin, emportant dans ses bagages la belle et ses cheveux. Cheveux du bout du monde, cheveux huilés et tressés, cheveux parfumés qui diffusaient des rêves de princesses lointaines, de fées des forêts vierges, de sorcières apprivoisées par de beaux chevaliers servants.

10 années sont passées. De beaux enfants sont nés.
Un matin de printemps, la belle aux longs cheveux a eu un coup de blues : tout ce ciel par ses fenêtres ! tous ces oiseaux dans ce ciel ! Où étaient sa forêt et sa mer ? Dans ses cheveux, dans ses cheveux ! Elle les a dénoués, elle les a déroulés, mais n'y a rien trouvé... Elle les a fait couper.

Depuis, elle va, elle vient, entre les 2 pays, cheveux courts dans le vent.
Plus de sortilèges, plus d'enchantements.
Elle, rien qu'elle.

Posté par isyrene à 16:43 - racontar - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Où sont nos amoureuses ? Robin Hunzinger

Docs en stock au musée - Les Champs Libres, Rennes le 4 mai 2008.
Présentation et critiques, ici.

C'est une histoire d'amour, une histoire d'amours, entre Emma et Thérèse, entre Emma et Marcel.
Amour qui donne des ailes. Amour qui enchaîne.
Drôle d'impression (tristesse ?) que celle que laisse la vie d'Emma, vie commencée comme ses rêves d'amours infinies et sans limites, vie terminée auprès d'un époux aimant, certes, mais nazi, vie enfermée dans le rôle de la femme au foyer, vie annexée. Annexée : comme l'Alsace, comme sa langue, comme ses rêves.

Pendant ce temps, Thérèse s'engage dans la résistance. Amour déçue. Sublimation de cette amour déçue ? Dépassement de soi, grandeur d'âme. Toujours cette tristesse... Ne se dépasserait-on pas sans amours déçues ?

C'est une histoie d'amour, un histoire d'amours, quoique... entre Emma et Marcel y a-t-il de l'amour ? Il y a l'histoire, il y a la société, il y a le travail. Le travail auquel se rend Marcel tous les matins, l'usine qui pour tourner nécessite d'avoir des soutiens politiques... Il y a la guerre, et l'effort de guerre demandé à chacun : la vie des hommes, le ventre des femmes. Il n'y a pas d'amour...

Tristesse donc. Et émotion de voir l'histoire sous un angle nouveau, un angle singulier, un angle féminin. L'histoire : en visite en URSS, en plein rêve communiste, Emma pressent que ce rêve n'est pas le sien, qu'il n'est pas compatible avec son rêve de liberté et d'individualité. Là les germes de la séparation avec Thérèse, communiste jusqu'à sa mort en prison ?

Posté par isyrene à 15:17 - Documentaire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

Myth, Sidi Larbi Cherkaoui, 30 avril 2008 à Rennes

Pour Lura.
Danse avec les ombres, danse avec tes ombres. Voilà ce que ce spectacle m'a dit.
Les ombres : plurielles, multiples, profuses.
Les ombres : polyglottes et chantantes.
Les ombres : joueuses, taquines, moqueuses. De nous si grossiers quand nous nous détachons d'elles, mufles apeurés.
Elles grognent, elles dansent, elles pleurent. Elles accompagnent. Glissent sur le sol quand nous fendons l'air. Insaisissables.
Elles réparent et elles consolent aussi. Quand nous nous retrouvons seuls, seuls dans nos folies, dans nos lâchetés, dans nos solitudes. Elles nous apprivoisent.
Les ombres : elles se défendent quand nous les attaquons, à coup de crucifix, à coup de livre, à coup de pieu. Les ombres : solidaires entre elles. Elles ne nous jugent pas.
Les ombres : danseurs magnifiques vêtus de noir, chanteurs, qui murmurent, qui caressent, qui donnent corps à la musique de Micrologus, musique métisse, arabo-andalouse, byzantine, italienne et espagnole, méditerranéenne du temps des brassages et des guerres entre chrétiens et musulmans.

La musique de Micrologus : quelle merveille... Quelle autre musique pour accompagner les contorsions des ombres ?

J'ai vu une version tronquée du spectacle : le 30 avril, il manquait une danseuse. Et une version complète, le 2 mai, avec la psychanalyste rousse, donc. J'ai préféré la version tronquée. Moins de paroles, plus d'émotion.
Emotion : les ombres me couraient sur le dos, sur les bras, ou étaient-ce mes propres ombres qui se sentaient appelées par la musique ? Qui cherchaient à sortir et monter sur la scène, tournoyer et danser, comme on ne peut dans la vie ? Dieu ! Danser et faire danser ce qui est nuit en moi, ce qui est nocturne, sombre. Ce qui est effrayant, et ce qui est effrayé. Danser et faire danser !

Posté par isyrene à 11:12 - danse - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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