16 mars 2008
Imaitsoanala (2)
Imaitsoanala a épousé le roi du peuple Andriambahoaka.
Imaitsoanala a quitté sa forêt.
Mais Andriambahoaka est un roi qui aime les belles choses : les arbres majestueux, les orchidées rares, les oiseaux chanteurs : il en a rempli son jardin. Imaitsoanala ne sera pas dépaysée.
Imaitsoanala a appris à se coiffer, à nouer ses longs cheveux en lourdes tresses, à y piquer des fleurs parfumées. Imaitsoanala a appris à s'habiller d'étoffes fines brodées des orchidées et des fougères qui peuplaient les sous-bois. Imaitsoanala a appris a marcher. A danser.
Imaitsoanala ne grimpe plus aux arbres. Elle regarde le ciel depuis la terre, comme il semble si loin. Elle regarde les arbres depuis la terre, comme ils lui manquent, à elle, bois de rose et palissandre polis, sculptés et ornementés par Andriambahoaka.
18 février 2008
Imaitsoanala
Imaitsoanala : verte en la forêt.
Ce nom m'a toujours fait rêvé : Imaitsoanala, et surgissait la forêt justement, verte, dense, drue.
Imaitsoanala, et surgissait la soif des cimes, l'élan vers la lumière, là-haut, là-bas, vers où tendent les arbres.
Imaitsoanala.
Imaitsoanala : celle de la forêt verte.
Je l'imagine chevelue, cheveux emmêlés de fougères et d'orchidées. Peut-être même de nids d'oiseaux ?
Je l'imagine fine et souple tendue vers les cimes.
Je l'imagine marchant sur ces cimes, petit buisson aux yeux de braises.
Imaitsoanala : verte en la forêt verte.
Corps de palissandre et de bois de rose. Membres de lianes pour grimper les 30 mètres qui la séparent du ciel. Cheveux de sous-bois. Yeux de braises.
Imaitsoanala : fille de Vorombe, la mère-oiseau.
Fille-oiseau donc, fille-fleur, fille-arbre.
Fille-forêt.
Imaitsoanala.