27 mars 2008
Recordaras
Un ano de amor, de Luz Casal.
Des souvenirs, comme les perles d'un chapelet, à égrener les jours sans rien, comme d'autres prient ou passent le temps.
Des souvenirs doux et polis tant je me les suis repassés, perles égrenées entre les doigts, donc. Prières au temps qui passe ? Prières contre l'oubli, contre la mort de l'oubli.
Des souvenirs d'êtres aimés, et partis au loin, ou morts, ou disparus. Des souvenirs de lieux aimés où l'on ne reviendra plus. Je les égrene, perle après perle. Prières au temps qui ne revient jamais.
Des souvenirs : bleu du ciel, pluie de pétales au printemps, ce printemps-là que je me remémorerai à chaque printemps - faux recommencement, décor sans les personnages principaux.
Des souvenirs : Rennes sous la pluie, Iraklio sous le vent, Tananarive sous la lumière, amis et amours, frères et cousins, famille de coeur ou de sang...
Des souvenirs : toute ma vie au creux des mains, toute la vie que j'ai vraiment vécue, si peu de chose en fait. Quelques chansons et quelques visages, quelques paysages ; et tout le reste : rien. Si peu de choses...
Quelques chansons, quelques visages, quelques paysages...
"Ca fait mille ans que j'attends"... de Henri Salvador.
19 mars 2008
Aucun express, Bashung
J'ai réécouté hier "Fantaisie militaire" de Bashung.
Textes magnifiques ! Je ne peux pas m'empêcher de relier mes 2 préférés...
Dehors :
... faudra se serrer
comme une forêt vierge
faudra se mêler
nos lianes infinies
effet de serre
ma vie sous verre
s'avère
ébrechée...
Aucun express :
aucun express ne m'emmènera vers la félicité
aucun tacot n'y accostera
aucun concorde n'aura ton envergure
aucun navire n'y va
sinon toi
aucun trolley ne me tiendra si haut perché
aucun vapeur ne me fera fondre
des escalators aux charriots ailés
j'ai tout essayé
j'ai tout essayé
j'ai longé ton corps
épousé ses méandres
je me suis emporté
transporté
par-delà les abysses par-dessus les vergers
délaissant les grands axes
j'ai pris la contre-allée
je me suis emporté
transporté...
29 février 2008
Isekely, Mahaleo.
Isekely : mon petit toi, ma petite toi.
Premier amour, précieux et fou, qui met du soleil et de la joie, dans le coeur bien sûr, dans la rue*, dans la ville, dans le monde**.
Isekely : petit chéri, petite chérie.
Isekely : petit toi chéri, petite toi chérie.
Douceur de ma vie, lune, étoile qui brille dans la nuit.
Je vois défiler les escaliers d'Ambanidia, un quartier de Tananarive. Jeux de lumières sur les marches de pierre, ombres mouvantes, herbes folles. J'ai 7 ans ? Je quitte l'école Polichinelle et vais chez ma grand-mère. Elle est là : maison verte, feuillue de chouchoutes, bordée de bananiers, ombres mouvantes, lumière dansante sur son sourire surligné.
Isekely.
Tant de tendresse dans ce nom : ombres et lumières, pluie de pétales, floraison.
A Rennes les magnolias sont en fleur, et les mimosas. Les cerisiers rosissent à peine. Le ciel est gris pourtant, rien d'autre ne ressemble au printemps.
* Appartion, Stéphane Mallarmé
[...]
J’errais donc, l’œil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue.
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.
** Je t'aime parce que tu es belle, d'après une sérénade traditionnelle. Aristide Moschos
[...]
Σ'αγαπώ γιατί εισ'ωραία
Σ'αγαπώ γιατί εισ'εσύ
Κι αγαπώ όλο τον κόσμο
γιατί ζεις κι εσύ μαζι.
Je t'aime, parce que tu es belle
Je t'aime parce que tu es toi
et j'aime le monde entier
parce que tu y vis
[...]